Histoire de Saint-Aimé en photos

Manoir du seigneur Massue Première église de Saint-Aimé
bâtie en 1843
Rue Royale à la fin
du dix-neuvième siècle
Église actuelle
Chemin qui mène à la traverse Collège pour garçons construit
en 1860 par les Frères
de Sainte-Croix qui seront remplacés
par les frères maristes et puis
par les soeurs
de la Présentation de Marie.
Le petit-fils de Philias Rivard,
Charles-Arthur, vous accueille
à Saint-Aimé / Massueville.

Notes historiques…

Il était une fois un seigneur qui voyait loin et grand. On dirait aujourd’hui que c’était un homme de vision. Il s’appelait Aignan-Aimé Massue, seigneur de Varennes. En 1833, il se porta acquéreur des quatre fiefs qui allaient former la seigneurie de Saint-Aimé près des rives de la Yamaska. À cette époque, on n’y trouvait que quelques rangs, dont Thiersant, Saint-Thomas, Saint-Yves et le chemin du Roi, appelé depuis rang du Bord-de-l’Eau. Dans ces rangs n’étaient installés que quelques colons, dont les noms résonnent encore en 2005 : Boisselle, Méthot, Desrosiers, Brouillard sont ici depuis le XVIIe siècle.

En ce temps-là, le « pays » se développait autour d’un clocher. Aignan-Aimé Massue, pour attirer les colons et rentabiliser son investissement, fit don d’un terrain à la fabrique pour y bâtir une première chapelle.

Le seigneur Massue était un homme d’affaires averti, mais aussi homme fier, aimant le beau. Voici ce que rapporte à son sujet Ovide M. H. Lapalice dans son Histoire de la seigneurie de Massue et de la paroisse de Saint-Aimé : « … à ce don, afin de donner une belle vue aux habitants, il fit cadeau d’un terrain qu’il consacrerait à l’embellissement de la place, en face de l’église projetée… s’interdisant à lui-même et défendant également aux habitants de n’y jamais construire un édifice quelconque, permettant seulement d’y bâtir une halle »… « Son cadeau d’une place publique devait être un avant-goût de bien d’autres dont bénéficia plus tard la paroisse par la munificence des seigneurs Massue ». Cet héritage est aujourd’hui le cœur de Saint-Aimé et de Massueville, autour duquel gravitent diverses activités culturelles et agricoles à l’image de notre ruralité.

La paroisse de Saint-Aimé une fois érigée (1834) et le plan du village tracé, « le seigneur Aimé Massue, tout en gardant mainmise sur ses propriétés, en confia l’administration à son fils, Gaspard-Aimé. Ce dernier était alors âgé de 22 ans. » « Des constructions nouvelles se groupèrent petit à petit… il s’était à peine écoulé quelques années qu’un charmant village réclamait son inscription sur la carte de la province. » (Lapalice)

En 1843, la paroisse civile est légalement constituée. C’est aussi l’année de construction de la première église, qui sera hélas détruite par le feu en 1907 et aussitôt reconstruite en 1909. C’est l’église actuelle en pierres du pays, dont les deux clochers, visibles de loin, annoncent fièrement les deux municipalités sœurs Saint-Aimé et Massueville. Rappelons ici que le village de Massueville fut érigé légalement en 1903.

Dès 1848, toujours grâce à la famille Massue, s’enchaînent une série de dons et de démarches pour l’éducation des filles et des garçons. En 1855, les sœurs de la Présentation de Marie prennent la direction du couvent, qui a joui d’une renommée enviable. L’enseignement de la musique faisait l’honneur de la maison. « Le couvent est situé dans un endroit idéal… le coup d’œil est splendide. » (Lapalice) Le 30 juin 1966, le couvent ferme définitivement ses portes. De transactions en transactions, cette belle architecture de l’époque française, sur un site exceptionnel, attend l’arrivée d’un projet qui redonnerait vie et splendeur à ses murs.

En 1860, les frères de Sainte-Croix s’installent au collège, un bel édifice dont il ne reste aucune trace aujourd’hui. Sous leur administration, le collège « atteignit le niveau de l’éducation donnée dans les institutions du genre en cette province. » (Lapalice) Un rapport de 1864 fait état de 160 élèves au couvent, 180 au collège et 371 dans les écoles de rang.

Sous l’impulsion des seigneurs Massue, jumelée au travail des colons, aux talents dans les affaires et au sens politique de nos ancêtres, une ère de développement économique s’amorce. Les secteurs suivants feront la renommée de Saint-Aimé et plus tard de Massueville : navigation, moulins à farine, industrie du bois, production et commerce de l’avoine, usine réputée de carrosserie, élevage et commerce des chevaux, production de machineries agricoles, etc. Le commerce du bois, très florissant entre 1855 et 1880, entre autres à cause de la perte importante de la végétation forestière, fera bientôt place à l’agriculture.

Les petits commerces ont aussi connu leur heure de gloire : boulangeries, cordonneries, forges et magasins généraux. Parmi les artisans, on pouvait compter plusieurs experts en construction d’église, qui exportèrent leur savoir dans d’autres paroisses.

Saint-Aimé fut le berceau d’hommes et de femmes qui ont marqué l’histoire politique, religieuse et professionnelle du Québec. Près de 30 pages du livre de Lapalice publié en 1930 font la nomenclature des prêtres, religieux et religieuses et hommes de profession issus de Saint-Aimé et de Massueville grâce à l’instruction reçue d’abord au collège et au couvent.

Le modernisme rejoint la communauté dans les années 1920. Le téléphone fait son apparition. Puis, au village, l’eau courante, l’éclairage des rues et des résidences, les trottoirs de béton. Ce n’est que vers les années 1940-50 que l’électricité se rendra à la campagne. Le transport de l’époque nous semblerait un luxe aujourd’hui avec la voie ferrée et l’entrée régulière du train en gare, autre monument disparu. Et le transport en autobus matin, midi et soir! Luxe suprême : Saint-Aimé et Massueville ont toujours pu compter sur les services d’un médecin, jusqu’en 1990.

Ces années n’ont pas été que prospères. La grande histoire rejoint la petite histoire. Notamment, la lutte des Patriotes et les troubles de 1837 ont trouvé ici d’ardents défenseurs. Il faut également citer la guerre de 1914, la guerre de l’Indépendance américaine, la crise économique des années 1920, suivie de l’exode massif vers les États-Unis. Durant le seul hiver de 1925, 40 familles abandonnèrent le sol natal. La population d’alors est de 1 300 habitants, pour 320 familles.

D’hier à aujourd’hui

L’histoire a suivi son cours. Les générations se sont succédé et les noms d’autrefois sonnent encore familièrement à nos oreilles. Plusieurs de nos anciennes maisons rappellent une époque pas si lointaine. De nouvelles constructions sont apparues. Un camping à saveur écologique se cache dans l’ancien « bois des sœurs ». Selon le souhait du seigneur Massue, on trouve maintenant une halle au milieu du parc, lieu de rassemblement culturel et agricole. Tout autour, notre campagne et ses fermes prospères reflètent l’évolution moderne de l’agriculture. L’énergie et la créativité des anciens coulent dans nos veines et, bravement, nous faisons face aux nouvelles réalités, pour que vivre ici soit notre meilleur choix.

Voici quelques photos supplémentaires empruntées à l'Exposition de photos anciennes de 2004 :

Manoir du seigneur Massue
vu de la Rue Royale
Maison de la rue Cartier Intérieur de l'église
de Saint-Aimé
Presbytère Statue du Sacré-Coeur
située dans le parc
Chemin qui mène à la traverse Pierre Tellier sur son bac Rue Saint-Louis Rue Durocher,
à l'angle de Varennes
Village dans les années 50