 En
1615, Jean étant maçon, il construit un escalier tournant
conduisant au beffroi dans l'église de Saint-Aubin-de-Tourouvre.
Sa construction existe encore, et laisse son empreinte dans la pierre.
Il restaura aussi des remparts abîmés par la guerre. Pendant
ce temps, il y eu les naissances de Barbe sa première fille le 18
avril 1617, de Jean le 1er août 1619, de Simon le 2 août 1621,
et suivit de Marie le 18 mars 1624, tous baptisés à Saint-Jean
de Mortagne. Par la suite, il y eu les naissances de Claude le 22 avril
1629, Denis le 30 juin 1630 et Michel le 3 mars 1634. Les 3 furent baptisés
à Notre-Dame-de-Mortagne. Entre la naissance de Denis et Michel,
il y eut le mariage de Barbe le 11 février 1632 à l'âge
de 14 ans avec François Paradis.
Ensuite
vers 1633, remue-ménage, Robert Giffard et Noël Juchereau font
du recrutement pour la Nouvelle-France. Ils parcourent les collines boisées
de leur patelin, et tentent de convaincre leurs parents et amis de les
suivre au Canada. Giffard doit être très persuasif puisqu'il
réussit à embrigader tous les siens: la famille de Jean Guyon,
maçon; celle de Zacharie Cloutier, charpentier; Henry Pinguet, Marin;
Gaspard Boucher, et bien d'autres qui ont des contrats d'engagements verbaux
et sous seings privés. Seuls les contrats de Guyon et de Cloutier,
pleins de détails et précis, sont passés devant le
notaire Mathurin Roussel, le 14 mars 1634. Tous deux s'engagent pour trois
ans envers Giffard "sur le point de partir pour faire, par la grace
de Dieu, collonye audit pais de la Nouvelle-France"(2).
Avant d'embaucher les siens, Robert Giffard, fils
de Guillaume, sieur de la Tour, sonneur de trompette à Auteuil,
savait ce qui l'attendait au Canada. Il y était venu pour la première
fois de 1621 à 1626 et en 1628. Après son retour en France,
il prend tout le temps voulu pour mûrir son projet d'implantation
en terre canadienne d'un certain nombre de familles du Perche. En avril
1634, les quatre vaisseaux qui composaient la flottille des Cent-Associés,
commandés par Duplessis-Boschard, assisté des capitaines
de Neslé, Bontemps et de Lormel, les attendent avant d'appareiller
pour la Nouvelle-France. Dés le début du printemps 1634,
Giffard et ses futurs colons se retrouvent au port de Dieppe. Quarante-trois
immigrants embarquèrent sur le bateau commandé par le Capitaine
De Neslé. Trente cinq de ces immigrants était originaire
de Mortagne au Perche et des communes avoisinantes, et tous avaient été
choisis par le chirurgien Giffard. (3)Parmis
les passagers, il y avait Robert Giffard , sa femme Marie Renouard et leur
enfants Marie, Charles, et Marie-Françoise qui naquit huit jours
après l'arrivée au Québec. Martin Boucher, Perrine
Mallet, sa seconde femme et deux enfants, François et Jean Gensin.
Gaspard Boucher, Nicole La Mère, sa femme et leurs enfants, Madeleine,
Pierre, Nicole, Marie et Marguerite. Zacharie Cloutier, Sainte Dupont,
sa femme et leurs enfants, Zacharie, Jean, Charles, Louis et Anne. Toute
la petite famille de Jean Guyon, sa femme Mathurine Robin et leurs enfants,
Jean, Simon, Marie, Claude, Denis, y compris le petit dernier, Michel baptisé
le 3 mars 1634. Seul Barbe reste au pays avec son mari, ils rejoindront
le reste de la famille à Beauport en 1650. La traversée dura
2 mois et elle fut très pénible. Le 04 juin 1634, ce premier
contingent de Percherons arrive à Québec.
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Les
quatre navires étaient accompagnés d’un navire pris aux Anglais
durant la traversée commandée par le capitaine Lormel et
aussi une barque arrivée indépendamment, commandée
par le capitaine François Castillon. Les quatre voiliers qui composaient
la flottille des Cent-Associés furent accueillis par nul autre que
Samuel de Champlain. Dès leurs arrivées, ils ne tardent pas
à s'installer le long des rives luxuriantes du majestueux St-Laurent.
Zacharie Cloutier et Jean Guyon travaillèrent à la construction
du manoir de Giffard. C'est en 1635 que naquit à Québec François
Guyon, leur dernier enfant. Le 27 juillet 1636, c'est par devant
Jean Guyon que fut rédigé le premier contrat de mariage au
Canada. Anne Cloutier, fille de Zacharie Cloutier signa le contrat
avec son futur mari Robert Drouin.
(4)Le
18 décembre 1636, Giffard obtint un jugement contre Cloutier et
Guyon à propos de certains travaux qui lui étaient dus. Après
le partage des terres, le 10 décembre 1637, il surgit des disputes
au sujet des limites et le gouverneur Montmagny ne rendit jugement que
le 4 mai 1642. Le 2 juillet 1646, donc peu de temps après la prise
de possession des terres de la rivière du Buisson, Giffard présente
une requête contre Cloutier et Guyon, qui refusent de présenter
foi et hommage, comme tout bon vassal doit le faire à l'endroit
de son suzerain. Le 19 du même mois, le gouverneur les oblige à
s'exécuter. Les deux récalcitrants se vengent à leur
façon en refusant de présenter l'aveu et dénombrement
requis. Le 30, Giffard les somme de le faire, mais les compères
se contentent alors d'offrir foi et hommage. Le 20 août, une sentence
du gouverneur oblige Cloutier et Guyon à s'exécuter pour
tout. Il faut les comprendre, eux qui avaient toujours traité avec
Giffard d'égal à égal. Leur orgueil n'avait fait qu'un
tour; ils acceptaient difficilement que leur ancien ami soit devenu leur
supérieur hiérarchique. Un acte rédigé par
Jean de Lespinasse, le 3 février 1637, révèle que
Jean Guyon et Zacharie Cloutier, qui semblent n'avoir rien fait l'un sans
l'autre depuis leur arrivée au pays, prennent enfin possession des
terres, que Robert Giffard leur a concédées. Le 29 mai 1644,
le notaire Guillaume Tronquet raconte que Giffard s'est transporté
avec Jean Guyon, Zacharie Cloutier, Adrien du Chesne, Jean Bourdon et Abraham
Martin à la rivière du Buisson et qu'il les a mis en possession
«réelle et actuelle» des terres situées depuis
cette rivière jusqu'à la première pointe courant le
long du grand fleuve Saint-Laurent. Jean Guyon donna à sa terre
le nom de fief Du Buisson. Mathurine Robin, sa femme décéda
à Beauport le 17 avril 1662 (5)
et Jean Guyon décéda le 30 mai 1663 à Québec.
Leurs enfants se marièrent, eurent des enfants qui donnèrent
de nombreux descendants.
Guyon s'est changé
en Guion, Dionne, Dion, de là de siècle en siècle,
le sang du couple Guyon-Robin coule dans les veines de milliers de personnes
au Québec, au Canada et en Amérique du Nord. Soyons fiers
de nos racines, car elles ont permis, à de nombreuses personnes
d'exister, et de pouvoir donner à nouveau la vie .
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