St-Aubin-de-Tourouvre, Perche, France Québec

L'Église de St-Aubin-de-Tourouvre et la ville de Québec.




Entrée d'Henri IV dans ParisAlors qu'Henri IV, de bataille en bataille, tente de conquérir son royaume, et que la sainte ligue sévit à Paris, le 18 septembre 1592, à la paroisse de Tourouvre dans le Perche, en France, le curé de cette paroisse rédige en latin la naissance d'un nouveau paroissien: " Johannes filius Jacobi Guyon et Maria, eus uxoris...". , ce qui voulait dire "Jehan, fils de Jacques Guyon et de Marie, son épouse". Son père Jacques était un notable, et sa mère se prénommait Marie Huet. On ne retrouve la trace de Jean Guyon que le 18 mai 1614, dans un acte où il prête une somme d'argent à un laboureur d'Auteuil nommé Pantaléon Bigot (1).
Procession de la Ligue
signature de Jean GuyonC'est là, que l'on voit sa signature pour la première fois aux archives notariales de Tourouvre. À cette époque, il avait 22 ans et savait très bien écrire. Il écrivait son nom Guion et finissait sa signature par 3 petites vagues. Louis Gagné (1612 Igé-1661), et François Bélanger, maçon (1612-1687), faisaient aussi des vagues à la fin de sa signature. A croire que cela était commun à cette époque, ou le signe des maçons. Un an plus tard, le 12 juin 1615, Jean Guyon épouse Mathurine Robin à St-Jean-de-Mortagne .
L'escalier dans l'église de TourouvreSaint-Aubin-de-TourouvreEn 1615, Jean étant maçon, il construit un escalier tournant conduisant au beffroi dans l'église de Saint-Aubin-de-Tourouvre. Sa construction existe encore, et laisse son empreinte dans la pierre. Il restaura aussi des remparts abîmés par la guerre. Pendant ce temps, il y eu les naissances de Barbe sa première fille le 18 avril 1617, de Jean le 1er août 1619, de Simon le 2 août 1621, et suivit de Marie le 18 mars 1624, tous baptisés à Saint-Jean de Mortagne. Par la suite, il y eu les naissances de Claude le 22 avril 1629, Denis le 30 juin 1630 et Michel le 3 mars 1634. Les 3 furent baptisés à Notre-Dame-de-Mortagne. Entre la naissance de Denis et Michel, il y eut le mariage de Barbe le 11 février 1632 à l'âge de 14 ans avec François Paradis.


MortagneEnsuite vers 1633, remue-ménage, Robert Giffard et Noël Juchereau font du recrutement pour la Nouvelle-France. Ils parcourent les collines boisées de leur patelin, et tentent de convaincre leurs parents et amis de les suivre au Canada. Giffard doit être très persuasif puisqu'il réussit à embrigader tous les siens: la famille de Jean Guyon, maçon; celle de Zacharie Cloutier, charpentier; Henry Pinguet, Marin; Gaspard Boucher, et bien d'autres qui ont des contrats d'engagements verbaux et sous seings privés. Seuls les contrats de Guyon et de Cloutier, pleins de détails et précis, sont passés devant le notaire Mathurin Roussel, le 14 mars 1634. Tous deux s'engagent pour trois ans envers Giffard "sur le point de partir pour faire, par la grace de Dieu, collonye audit pais de la Nouvelle-France"(2). Avant d'embaucher les siens, Robert Giffard, fils de Guillaume, sieur de la Tour, sonneur de trompette à Auteuil, savait ce qui l'attendait au Canada. Il y était venu pour la première fois de 1621 à 1626 et en 1628. Après son retour en France, il prend tout le temps voulu pour mûrir son projet d'implantation en terre canadienne d'un certain nombre de familles du Perche. En avril 1634, les quatre vaisseaux qui composaient la flottille des Cent-Associés, commandés par Duplessis-Boschard, assisté des capitaines de Neslé, Bontemps et de Lormel, les attendent avant d'appareiller pour la Nouvelle-France. Dés le début du printemps 1634, Giffard et ses futurs colons se retrouvent au port de Dieppe. Quarante-trois immigrants embarquèrent sur le bateau commandé par le Capitaine De Neslé. Trente cinq de ces immigrants était originaire de Mortagne au Perche et des communes avoisinantes, et tous avaient été choisis par le chirurgien Giffard. (3)Parmis les passagers, il y avait Robert Giffard , sa femme Marie Renouard et leur enfants Marie, Charles, et Marie-Françoise qui naquit huit jours après l'arrivée au Québec. Martin Boucher, Perrine Mallet, sa seconde femme et deux enfants, François et Jean Gensin. Gaspard Boucher, Nicole La Mère, sa femme et leurs enfants, Madeleine, Pierre, Nicole, Marie et Marguerite. Zacharie Cloutier, Sainte Dupont, sa femme et leurs enfants, Zacharie, Jean, Charles, Louis et Anne. Toute la petite famille de Jean Guyon, sa femme Mathurine Robin et leurs enfants, Jean, Simon, Marie, Claude, Denis, y compris le petit dernier, Michel baptisé le 3 mars 1634. Seul Barbe reste au pays avec son mari, ils rejoindront le reste de la famille à Beauport en 1650. La traversée dura 2 mois et elle fut très pénible. Le 04 juin 1634, ce premier contingent de Percherons arrive à Québec.

Québec
Les quatre navires étaient accompagnés d’un navire pris aux Anglais durant la traversée commandée par le capitaine Lormel et aussi une barque arrivée indépendamment, commandée par le capitaine François Castillon. Les quatre voiliers qui composaient la flottille des Cent-Associés furent accueillis par nul autre que Samuel de Champlain. Dès leurs arrivées, ils ne tardent pas à s'installer le long des rives luxuriantes du majestueux St-Laurent. Zacharie Cloutier et Jean Guyon travaillèrent à la construction du manoir de Giffard. C'est en 1635 que naquit à Québec François Guyon, leur dernier enfant. Le 27 juillet 1636, c'est par devant Jean Guyon que fut rédigé le premier contrat de mariage au Canada. Anne Cloutier, fille de Zacharie Cloutier signa le contrat avec son futur mari Robert Drouin.
(4)Le 18 décembre 1636, Giffard obtint un jugement contre Cloutier et Guyon à propos de certains travaux qui lui étaient dus. Après le partage des terres, le 10 décembre 1637, il surgit des disputes au sujet des limites et le gouverneur Montmagny ne rendit jugement que le 4 mai 1642. Le 2 juillet 1646, donc peu de temps après la prise de possession des terres de la rivière du Buisson, Giffard présente une requête contre Cloutier et Guyon, qui refusent de présenter foi et hommage, comme tout bon vassal doit le faire à l'endroit de son suzerain. Le 19 du même mois, le gouverneur les oblige à s'exécuter. Les deux récalcitrants se vengent à leur façon en refusant de présenter l'aveu et dénombrement requis. Le 30, Giffard les somme de le faire, mais les compères se contentent alors d'offrir foi et hommage. Le 20 août, une sentence du gouverneur oblige Cloutier et Guyon à s'exécuter pour tout. Il faut les comprendre, eux qui avaient toujours traité avec Giffard d'égal à égal. Leur orgueil n'avait fait qu'un tour; ils acceptaient difficilement que leur ancien ami soit devenu leur supérieur hiérarchique. Un acte rédigé par Jean de Lespinasse, le 3 février 1637, révèle que Jean Guyon et Zacharie Cloutier, qui semblent n'avoir rien fait l'un sans l'autre depuis leur arrivée au pays, prennent enfin possession des terres, que Robert Giffard leur a concédées. Le 29 mai 1644, le notaire Guillaume Tronquet raconte que Giffard s'est transporté avec Jean Guyon, Zacharie Cloutier, Adrien du Chesne, Jean Bourdon et Abraham Martin à la rivière du Buisson et qu'il les a mis en possession «réelle et actuelle» des terres situées depuis cette rivière jusqu'à la première pointe courant le long du grand fleuve Saint-Laurent. Jean Guyon donna à sa terre le nom de fief Du Buisson. Mathurine Robin, sa femme décéda à Beauport le 17 avril 1662 (5) et Jean Guyon décéda le 30 mai 1663 à Québec. Leurs enfants se marièrent, eurent des enfants qui donnèrent de nombreux descendants.

Guyon s'est changé en Guion, Dionne, Dion, de là de siècle en siècle, le sang du couple Guyon-Robin coule dans les veines de milliers de personnes au Québec, au Canada et en Amérique du Nord. Soyons fiers de nos racines, car elles ont permis, à de nombreuses personnes d'exister, et de pouvoir donner à nouveau la vie .



Monuments, et plaques commémoratives:

-Derrière le monument de Louis Hébert à Québec, Jean Guyon et sa femme Mathurine Robin sont inscris comme faisant partie des premiers colons du Québec. Sur le haut de la statue se trouve Louis Hébert, Marie Rollet et ses enfants en bas à droite et Guillaume Couillard leur gendre à gauche.


-Dans l'église de Tourouvre, une plaque a été apposée par l'association Perche-Canada à la mémoire des émigrants du 17e siècle, Jean Guyon y figure.


-Vitrail dans l'église de Tourouvre, représentant les percherons qui partirent pour le Canada.
Vitrail



références:

Photo 1 : Entrée d'Henri IV dans Paris. (Revenir à la 1ère photo)

Photo 2 : Procession de la Ligue. (Revenir à la 2 ème photo)


(1) "French Canadian and Acadian Genealogical Review", Spring 1968. Page 16-26. He signed his name as "Guion", and it is from him that Guyon, and many Dion and Dionnes descend. His godfathers are Jean Collin and Pierre Dolivet, and godmother Catherine Goddin. He grew up in Tourouvre, on May 18, 1614, he signed at loan to Pantaleon Bigot, a farmer from Autheuil, a sum consisting of: "a small gold pistol, pieces of fifty-two sons, quarters of crowns and other silver pieces". For a value of about 84 pounds. He was already a mason although only 24 years of age, was very successful. Jean built the old stairs of the steeple tower of the church at Tourouvre in 1615. He was then living in the parish of St-Jean de Mortagne, province of Perche, France. (Revenir au texte)




(2) Contrats d'engagement de Guyon et de Cloutier. Ces actes avaient été rédigés par le notaire Roussel, le 14 mars 1634. Jean Guyon, maître charpentier, demeurant à Mortagne et natifs de ce lieu, s'obligent envers Giffard «d'aller et passer avec lui toutefois et quante qu'il voudra partir au dit pays de la Nouvelle-France ou estant arrivés avec chacun de leur enfants seront tenus au commandement que le dit Sieur leur fera deffricher, deserter et cultiver les terres et bois despendant du dit Beauport et généralement estre employés par lui à toutes choses à quoi qu'il requerra et qui sera nécessaire selon pour le dit Sieur durant le temps et espace de trois années expiré pendant le dit temps et l'embarquement et partement de leur voyage le dlt Sr. de Beauport a aussi promis et s'est obligé les aider et deuement nourir gouverner et entretenir de toutes leurs nécessitez, mesme, lesd. deux leurs enfants, selon la commodité du pais - et ce qui s'y trouve à leur estat et condition apartenant mesme de faire passer par le dit sieur de Beauport a ses dépenses les femmes et enfants des dits Guion et Cloustier avecq leurs aultres enfants dans l'année que I'on comptera mil six cent trente six, pour les venir trouver aud. pais et les y nourir le reste des dites trois années; après lesquelles finyes sy les dits Guion et Cloustier n'avoient moyen suffisant de nourir et entretenir leurs dites femmes et enfants, le dit Sieur de Beauport sera tenu de les, assister; promet aussi à ce faire ensemble leur donner deux vaches au cas que toutes fois il en eust quatre en faveur duquel et pendant les dits Guion et Cloustier et chacun ung de leurs dits enfants aurorit part et portion aux terres qui seront deffrichées et desertées cependant du dit lieu avec les autres hommes que le dit Sieur de Beauport y emportera», etc.
(Revenir au texte)



(3) La liste des passagers du bateau est tirée de l'étude généalogique sur Jean Guyon et ses descendants réalisé en 1927 par l'abbé Louis Guyon. "J'ai apporté moi-même des modifications, au sujet de Barbe Guyon qui arriva au Québec qu'en 1650." (Revenir au texte)




(4)"Le terrier du Saint-Laurent en 1663, page 92."L'historien Marcel Trudel rapporte que tout n'a pas toujours bien fonctionné entre le seigneur Giffard et ses vassaux." (Revenir au texte)




(5)Renée Jetté, "Dictionnaire Généalogique des Familles du Québec" 1983, Université de Montréal, Page 548. (Revenir au texte)



*Histoire des Canadiens-Français par Benjamin Sulte, Montréal 1882.

*Renée Jetté, "Dictionnaire Généalogique des Familles du Québec" 1983, Univ de Montréal, p 548
"Il est arrivée au Québec sur un bateau commandé par le Captaine deVille, le 8 août1634."
Il y a une note au sujet de la date d'arrivée et du nom du capitaine du bateau , selon mes recherches le nom du capitaine et la date d'arrivée ne sont pas bons.

*Le journal "Le Perche" publié le 1er janvier 1998, page 4, section Histoire.

Jean Guyon