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- CHEZ LES
BÉLANGER, UNE AIEÜLE
QUI A VU NAÎTRE 567 DESCENDANTS!
- Oui, vous avez bien
lu, 567! C'est certainement, et de loin, un
record dans cette "odyssée" que fut la
revanche des berceaux. Et le décompte de cette
descendance a été établi avec soin. Nous y
reviendrons.
- Au XVIIe
siècle, ce patronyme s'épelait Bellanger. C'est
d'ailleurs la forme que l'on a respectée pour
désigner la maison Bellanger-Girardin, qui
constitue l'un des joyaux du patrimoine de
Beauport.
- L'origine
du patronyme a suscité diverses hypothèses.
L'un des plus récents ouvrages en ce domaine, le
Dictionnaire étymologique des noms de famille,
de Marie-Thérèse Morlet (Paris, 1991), dit que
"Bellanger" ou "Bellangier"
constituent des formes dissimulées de
"Béranger", d'origine germanique.
- Deux
pionniers portant le patronyme de Bellanger se
sont fixés en Nouvelle-France au XVIIe siècle.
Ils étaient peut-être parents. Chacun fut le
père de douze enfants. Le premier à venir dans
la colonie se prénommait François. On ne
connaît ni l'identité de ses parents ni son
lieu d'origine. Certains mentionnent Touques, non
loin de Pont-L'Evêque, et d'autres, Sées, en
Normandie. Dans le cas du second, Nicolas, qui
avait pris ou à qui on avait donné le surnom de
Catherine, nous sommes mieux fixés: il venait
certainement de Touques, une commune du Calvados
située sur la N 177, qui va de Pont-l'Evêque à
Trouville, et à Deauville, la plage la plus
fameuse de Normandie par sa brillante vie
mondaine. On n'y est plus qu'à deux ou trois
kilomètres de la mer.
- C'est
dès 1637 que François Bellanger fonde un foyer
à Québec. Si, comme c'était généralement le
cas, il avait signé un contrat d'engagement
d'une durée de trois ans, au départ, on peut
croire qu'il avait été recruté par Robert
Giffard, à qui les Cent-Associés avaient
concédé la seigneurie de Beauport en 1634.
Lui-même maçon, François épousa la fille d'un
autre maçon, Marie Guyon, dont le père, Jean,
fut aussi l'un de nos industrieux pionniers.
C'est le 12 juillet 1637 que le missionnaire
jésuite Charles Lalemant bénit l'union, en
même temps que celle de Robert Drouin et d'Anne
Cloutier, qui devaient, dix jours plus tard,
signer le premier contrat de mariage en
Nouvelle-France, par-devant...Jean Guyon! On
devine que cette double alliance fut un jour de
réjouissances au manoir de Giffard, dont la
construction était en cours.
- Mais
bientôt, un différend devait surgir entre le
seigneur et certains de ses proches
collaborateurs, C'est ainsi qu'en 1641, lorsque
Jean Bourdon dresse sa carte de la côte entre
Québec et le cap Tourmente, une bonne
demi-douzaine d'habitants de la seigneurie de
Beauport, dont François Bellanger, se retrouvent
sur la côte de Beaupré.
- Le couple
Bellanger/Guyon eut douze enfants, dont cinq
fils; quatre d'entre eux fondèrent des foyers:
Charles (1663) avec Barbe-Delphine Cloutier,
fille de Zacharie et de Madeleine Emard (9
enfants), Jean-François (1671) avec Marie
Cloutier, fille de Jean et de Marie Martin (5
enfants), Louis (1682) avec Marguerite
Lefrançois, fille de Charles et de
Marie-Madeleine Triot (13 enfants), et Jacques
(1691) avec Elizabeth Thibault (4 enfants).
- En 1663,
François Bellanger devient capitaine de milice
de la côte de Beaupré, et sans doute jouit-il
d'une excellente réputation car, le 1er juillet
1677, le gouverneur Buade de Frontenac et
l'intendant Duchesneau lui concèdent la
seigneurie de Bonsecours, sur la rive sud du
Saint-Laurent, là où se trouve de nos jours la
municipalité de L'Islet. C'est dans sa maison
que, en décembre 1683, le chanoine Thomas Morel
dit la messe à l'issue de laquelle les
censitaires des seigneuries de L'Islet, de
Saint-Jean-Port-Joli et de Bonsecours
demandèrent l'autorisation de construire une
première chapelle.
- Nicolas
Bellanger dit Catherine ne fut pas seigneur comme
son homonyme et probablement parent, mais il n'en
contribua pas moins à l'essor de la
colonie, au même titre que la plupart de nos
pionniers.
- Nicolas
demeura fidèle à la famille Giffard et vécut
toute son existence dans la seigneurie de
Beauport. C'est probablement à l'instigation de
son futur beau-père, Paul de Rainville, lui
aussi originaire de Touques, qu'il passa en
Nouvelle-France. C'est le 11 janvier 1660 qu'il
épousa Marie de Rainville dans la chapelle de
manoir. Il semble s'être adonné à la traite
des fourrures et à la pêche. L'année
précédente, c'est au moyen de morues qu'il
avait remboursé une dette contractée auprès
d'un marchand.
- Des douze
enfants qu'eut le couple Bellanger/de Rainville,
six étaient des fils et quatre fondèrent à
leur tour des foyers: Bertrand (1694) avec Marie
Gignard, fille de Pierre et de Catherine de
Lahaye, puis (1703) avec Marie-Madeleine
Chevaudier, fille de Jean et de Marie Mercier (3
et 12 enfants respectivement); Pierre (1700) avec
Marguerite Delaunay, fille de Henri et de
Françoise Crête, qui décéda après seulement
trois années de mariage (2 filles); Nicolas
(1699) avec Marie Magnan, fille de Jacques et
d'Ambroise Doigt (13 enfants); et Paul (1704)
avec Jeanne Maheu, fille de Pierre et de Jeanne
Drouin et veuve de Joseph Garnier (6 enfants).
- Saunier
de métier, Nicolas Bellanger n'avait pas
l'occasion de gagner sa vie en ce domaine, faute
de marais salants. Il se tourna vers
l'agriculture, acheta la terre que possédait son
beau-père, obtint dix arpents additionnels de
terre du seigneur de Beauport, puis, en 1673, une
concession d'un arpent de largeur sur vingt-six
de profondeur.
- C'était,
à n'en pas douter, un hardi défricheur. Lors du
recensement de 1681, il possédait déjà
quarante et un arpents en valeur et un troupeau
de dix bêtes à cornes. La maison qu'il
construisit existe toujours à Beauport; elle
constitue un émouvant monument à la mémoire
d'un pionnier aussi courageux qu'industrieux.
- Chez les
Bélanger, avons-nous signalé, on compte une
aïeule qui s'est remarquablement signalée par
sa descendance. Il s'agit de Mme Georges Rioux,
née Bélanger (Lucie), des Trois-Pistoles.
Lorsqu'elle est décédée, à l'âge de 95 ans,
le 8 juillet 1915, elle comptait 567 descendants
vivants, et elle berçait depuis déjà dix ans
la cinquième génération! Ce cas a été
aimablement porté à notre attention par l'un
des ses arrière-arrière-petits-fils, l'évêque
de Valleyfield, Mgr Robert Lebel. C'est un
généalogiste appartenant à la famille, le
frère André, s.c., qui a établi de façon
détaillée cette extraordinaire descendance.
- L'église
Saint-Pierre de Touques, en Normandie, date du
XIe siècle et a subi de nombreuses modifications
au fil du temps, mais la richesse de son décor
sculpté résume plusieurs étapes majeures de
l'art roman entre les années 1070 et 1130. Elle
est depuis longtemps désaffectée, mais abrite
maintenant des expositions et sert de salle de
concerts.
- Extrait de: Portraits
de familles pionnières de Robert Provost.
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